Longtemps, le design numérique en Méditerranée a été importé. Des modèles venaient d'ailleurs, puis recevaient une photo de la mer et une ligne d'arabe. Le résultat paraissait global et ne sentait nulle part.
Cette période s'achève. À Tunis, Sfax et Sidi Bou Saïd, les studios traitent l'interface comme une architecture : proportion, lumière, pause, seuil. Une page d'accueil n'est plus une brochure. C'est une pièce où l'on entre.
Le nouveau langage est plus silencieux. La typographie est plus grande. Les images respirent. L'or s'utilise comme le laiton chez l'artisan — rarement, et seulement là où la main doit se poser. Le bleu n'est pas un décor. C'est un climat.
À Tunis, Sfax et Sidi Bou Saïd, les studios traitent l'interface comme une architecture : proportion, lumière, pause, seuil.
Ce qui rend le travail tunisien, ce n'est pas un motif. C'est un sens de l'arrivée. Les meilleurs sites donnent l'impression d'une cour après la chaleur : d'abord l'ombre, puis la conversation.
Les studios qui font ce travail sont petits. Ils publient au grand jour. Le langage s'écrit en public, c'est ainsi que les langues survivent.
Youssef Triki